Simu tutti di qualchi locu. Eiu, so di a CANAGHJA

Notre blason


Rédigé le Jeudi 16 Mars 2023 à 20:47 | Lu 138 fois | 0 commentaire(s)


NOTRE BLASON
 
On a écrit et colporté tant de fadaises sur notre blason qu’il me paraît nécessaire de revenir succinctement mais sérieusement sur son origine.
Fi donc de la légende du prince maure décapité à Porto-Pollo en passant par l’esclave ayant voulu égorger Paoli et autres balivernes du même genre pour nous en tenir aux seuls faits historiques.
Commençons par le commencement :
Pendant leur séjour en Terre Sainte les seigneurs chrétiens avaient coutume de faire figurer sur leur bannière une tête de maure, c'est-à-dire d’infidèle, coupée, et dont les yeux étaient cachés par un bandeau. Pourquoi ce bandeau ? Il n’y a, semble-t-il, pas d’explication patente mais des suppositions dont les plus plausibles tiennent à des considérations philosophiques : le bandeau en ‘rajoutait’ à l’infamie du décapité, et, comme si cela ne suffisait pas, lui enlevait toute vision du monde vivant. Il n’était plus utile à personne et bouté définitivement dans l’au-delà.
Revenons en Corse.
En 1297 le pape Boniface VIII cède au roi d’Aragon, la Corse et la Sardaigne qui sont donc inféodées à son royaume. Sur son blason figure une croix entourée de quatre têtes de maures dont le dessin, la croix en moins, est repris  pour la Sardaigne.
Puis, en 1573, le roi Philippe II d’Espagne décide d’attribuer un emblème à chacune de ses provinces et confie à l’italien Giacomo Galerati le soin de créer celui de la Corse. Le géographe s’inspire du blason de la Sardaigne et propose, à peu de choses près, celui qui allait devenir le nôtre tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Venons-en à une époque plus proche de nous.
En 1736 l’aventurier Théodore de NEUHOFF débarque en Corse, s’y programme roi et y règne quelques mois. Il se déplace beaucoup avec sa ‘cour’, s’approprie le blason et, dans ses déplacements, fait broder une couronne au dessus de la tête du maure.
En Europe sa notoriété est brève mais immense et ses frasques contribuent à populariser le blason qui flottait en tête du cortège …
Après ce court intermède ‘royal’ auquel participèrent, soit dit en passant, Paoli, Gaffori et Ornano, la Corse traverse des années difficiles de lutte pour son indépendance. Pascal PAOLI, après 16 ans d’exil à Naples, revient au pays en 1755. Il est proclamé Général de la Nation au couvent de Casabianca et, en 1760, adopte officiellement le blason et le décrit ainsi : tête de maure, de sable sur fond d’argent, de profil et tourné à dextre. Il y apporte quelques modifications, supprime l’image de la vierge et fait relever le bandeau que le maure avait sur les yeux pour justifier son sentiment selon lequel ‘… Les corses doivent voir clair. En relevant ce bandeau celui-ci convient à notre dignité et non pour notre honte comme le voulaient nos ennemis … ‘
Voila ce que l’on peut dire. Bien entendu on trouve d’excellents ouvrages consacrés à nos hommes célèbres et à l’histoire de la Corse dans lesquels les évènements qui entourent l’origine des deux symboles que sont notre blason et le chant patriotique Diu vi salvi Regina sont plus largement augmentés et argumentés.



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